dimanche 15 novembre 2015

مبروك راح

الرّيڨ شاح،
و الصّوت بحاح،
مالصّياح،
و النواح،
على ولاد بوزيد الملاح،
وين طايحة كالذّبّان الارواح،
وين الفجعة مع كلّ نباح،
وين ورا كل حجرة سفّاح...

و مبروك طلع وجوه الصّباح،
سارح، و ما همّو في إلّي ڨال سُرّاح،
كِسره و زيتون و كعيبة تفّاح،
و الضّحكة رنّانة، و العينين سْماح...

عڨاب عشيّة، و اللّيل عدّو طاح،
بين روايح الكليل و صفير الارياح،
طلعلو بو لحية ذبّاح،
غدرو، و الدّم ساح،
و في غمضة التّصويرة تبلاح...

مبروك راح،
في عمر النوّار راح،
ما شاف في دنيتو نجاح،
ما عاش افراح،
خلّى فينا ليعة، و دمع ما شاح...

vendredi 28 septembre 2012

DreamCity 2012

Après plus d’un an de boude, me voila qui reprend la plume (le clavier) pour noircir un papier (un écran) de mes réflexions et idées ; ce n’est pas facile de ré-apprendre à respirer quand on a pris l’habitude de suffoquer…

Mais le jeu vaux bien la chandelle : j’écris aujourd’hui pour parler d’une manifestation extraordinaire qui m’avaitinspiré déjà en 2007 lors de sa première édition et mes premiers pas en blogging. Cinq ans et trois éditions plutard, DreamCity n’a rien perdu de sa vigueur des premiers jours, et moi, je cherche encore à retrouver la mienne…

Mais en errant dans les ruelles étroites, en se perdant délicieusement dans ce musée vivant qu'est, et que sera pour toujours, j'espère, la vieille, mystérieuse, souriante, fougueuse, farceuse Médina de Tunis, en savourant un spectacle sonore entre une pièce de théâtre et une exposition d’illustrations, on ne peut fuir le sentiment de vouloir écrire un papier dessus.

Me voila donc qui vous écris mon après midi entre les œuvres du DreamCity 2012.

Je dis bien « écrire », parce que l’on ne peut « décrire » ce que l’on vit. Parce que l’on ne peut décrire le sentiment qui nous envahit et qui nous donne envie de bouger, de danser comme un petit fou sur la musique Stambali urbaine au mausolée Sidi Ali Lasmar, on ne peut que le raconter, comme on ne peut que raconter cette sérénité qui nous prend en s’appropriant un petit carré de ciel sur la terrasse du Souk Chaouachia. On ne peut que narrer la visite guidée, casque audio aux oreilles, des ruelles et impasses de la médina, sur la « route de la soie » tunisoise entre « Fondok El Hennah » et la « place du Château »…

Un voyage sensoriel et émotionnel qui vous emporte jusqu’au bout de vous-même, et puis vous ramène rudement au quotidien avec un son familier, une image qu’on reconnait, ou encore une situation déjà vécu : « Khira et Rochdy » redonne vie à l’ancienne bibliothèque nationale avec de la dance folklorique et de la dance contemporaine, ainsi que toutes les variantes qui se trouvent entre les deux. « Rym Abid », elle, vous ramène aux bancs scolaires, avec tous les souvenirs que ça implique (bons ou mauvais) en imaginant pour vous une meilleure salle de classe. Alors que « Souad Ben Slimane » vous provoque, vous enchante, vous écœure  en vous charmant avec bassesse du haut de sa vitrine : « regarde moi, je suis bonne, et j’ai la solution à tous tes problèmes… mais ne me juge pas, j’ai choisis ma vie parce que j’avais un excédent d’amour, que je partagerais bien avec toi » songe-t-elle.

Réflexif, songeur et même perturbé, vous vous laissez guider dans un labyrinthe de murs maladroits, de tournants dissimulés et de culs-de-sacs blagueurs. De temps à autre une flèche colorée de la même couleur que votre bracelet vous invite à pénétrer une demeure ou un immeuble dont vous n’auriez jamais osé frôlé le seuil, si ce n’était pour DreamCity : Alors que « Nacer Khemir » vous ouvre sa propre demeure, datant de plus d’un siècle et soigneusement restaurée, pour vous raconter le conteur, le performer, le sculpter. « Dar Ezzmerli », Palais Beylical d’un Général, transformé en église pour un temps, et finissant par devenir un centre culturel méconnu, offre ses recoins les plus reculés, entre toit de bois peint à la main et murs couverts de faïences traditionnelles, à l’ombre rebelle de « Marion Frini » pour un moment de pur bonheur et d’apogée de création artistique. Quant à « Refka Tayeb Payssan », elle choisie de s’installer à même le marbre centenaire de « Dar Lassram » pour vous conter la légende d’Ibrahim Santos, avec un dialecte tunisien truffé de dictons traditionnels puisés au fin fond de notre folklore, le décor de portiques cloutés et de toit et d’arcades richement stuqués (platre sculpté) n’y rajoutent que charme et volupté.

Vous sortez, rêveur, épanoui, la tête dans les nuages… et puis le chant de la prière te ramène au monde des mortels : c’est déjà le Moghreb (coucher du soleil). Le temps coule si vite dans ses ruelles… il est temps de rentrer, c’est regrettable. Mais cela n’empêche, vous surprenez un léger sourire au coins de vous lèvres, un sourire qui vous murmure « cela valait vraiment le détour », et vous lui répondez : « d’autres rêves nous attendent demain, ce n’est qu’un au revoir, Médina »

dimanche 20 mars 2011

Devant cette page blanche, qui me fait face tel un visage que la maladie pâlie et que la mort guête, j'ai passé des heures à chercher le bout du fil de mes idées, ce point où débutaient mes songes, le commencement de ce texte. J'ai passé des heures devant cette page, après avoir passé des semaines à la craindre en pensée, à m'en inquiéter avant même de la voir. Et puis j'ai décidé de reposer de nouveau mes doigts sur le clavier et de laisser galoper mes idées sur les pleines de l'écran vierge. Il me le fallait. cette thérapie me manquait déjà depuis belle lurette. depuis les derniers textes que j'ai écrit avec le sang de mon coeur et les larmes de mon corps, et ceux-là datent de bien longtemps. Vu que mes essais récents n'ont été que des mots mis cote à cote pour "faire joli", pour noircir des pages, pour user de l'encre... mais c'étaient loins d'être les cris de mon âme que tapaient mes doigts.



Aujourd'hui, les maux qui me rongent de l'intérieur me consument avec un tel fracas, me brisent avec un tel vacarme, qu'il m'est désormais impossible de les ignorer. Me voila alors, en cette soirée de dimanche, allité par un mal en moi que personne -hors mis moi-même - ne soupçonne, à coucher des mots que je verrais "lourds de sens", que peu de gens verront "sensés", mais que la plupart trouveront "jolis", tout au plus... et tout cela pourquoi??? Peut-être pour diminuer de ma solitude un peu, pour chercher du réconfort dans l'ouragan detristesse qui m'habite, pour oublier un instant ma faiblesse, mon impuissance face à mon quotidien...


Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours convaincu d'êre cet Homme grand, fort, fier, celui qui a réponse à tout et qui résout tous les problèmes, celui qui est toujours là, qui répond toujours présent à tous les appels à l'aide. aujourd'hui je subis les conséquences de ce mensonge, je regarde le sourire jaune qui habille mon reflet dans le miroir, et j'ai un sentiment de rejet, comme si c'était un greffe que j'ai imposé à mon corps alors qu'il n'en voulait pas. je vis ce déchirement entre le "vouloir" et le "devoir": ce que je voudrais faire, et ce que je dois faire sont à des années lumières l'un de l'autre. et c'est ce décalage qui fait que je suis toujours entrain de me chercher, et que je me sens toujours de plus en plus seul..

mardi 15 février 2011

ما تركتِي لباقي النّساء؟

أحبّ فيها بعض الكبرياء،
و روحا تنفّس براءة ونقاء،
و في قلبها نبض الحياء،
و في عيونها صفوّ السماء،
حباها الله بما اراد و شاء،
فأخلاق، و خلق، و جمال، و ذكاء،
و صوت كرنين الموسيقى صفاء،
و قِوامٌ كآيات الخلاّق بهاء،
...
فأنبئيني، يا قطرة غيث في الصحراء،
أنبئيني، يا بصيص أمل في الظلماء
ما تركتِي لباقي النّساء؟ ما تركتِي لباقي النّساء؟

vendredi 22 octobre 2010

"le dernier soupir" de Soumaya BOUALLAGUI

Entre Dream city, MousiQat, l'Octobre Musical et les JCC, la reprise de l'activité culturelle est confirmée à Tunis... sauf peut être pour le Quatrième Art: mise à part Hobb Story, qu'on mâche* encore et encore, il me semble que rien ne survient sur la scène théâtrale tunisienne aujourd'hui... jusqu'à ce que Taoufik Jebali et son Teatro nous sortent une nouvelle fois de la routine, et nous présentent "Le Dernier Soupir" de Soumaya BOUALLAGUI.

La qualité des productions "El Teatro Studios" ne fait plus dilemme, et la direction artistique de Taoufik Jebali est un cours en soi... donc le niveau et la qualité de la pièce ne peuvent qu'être bons... et ils le sont: une pièce satirique dont on voient très rarement, qui mélange entre le théâtre "séquentiel" où des scènes indépendantes sont enchainées, et le théâtre plus classique ou le fil conducteur est dominant, et l'histoire est claire et fluide...

l'histoire que raconte la pièce est simple: dans un pays en guerre, les femmes dont les hommes ont délaissé pour aller combattre sur le front, décident de se retirer dans le parlement, et de refuser à leurs hommes tout contact sexuel, jusqu'à ce que la guerre soit fini, et que le retour des hommes soit définitif.

Maintenant, le traitement de cette histoire est beaucoup moins simple: sur un ton satirique, ironique même, la pièce suit le cours de cette petite histoire en frôlant d'autres sujets très pointus, et très actuels surtout: la guerre, les relations hommes femmes, certes!... mais aussi l'amour, la violence conjugale, la place de la femme dans la société, les dégâts de la guerre, le superflu de la politique et l'arrogance des politiques... pleins de sujets qu'une réplique ou une scène aborde dans la pièce, et qui pousse à réfléchir... mais pas plus que ca...

et ici vient ma critique: la pièce est très riche en sujet et en idées abordées, mais tous sont traités superficiellement, le soin est laissé au spectateur d'y réfléchir et d'émettre ses propres convictions... c'est bien, je n'en dis pas moins, seulement, un petit développement de certaines idées n'aurait pas fait de mal, je pense notamment à l'image des politiciens, qui ont été présenté comme arrogants, indécis, inefficace... cette image aurait peut être dû être développé encore mieux, notamment que la pièce ne dure moins d'une heure...

je ne sais pas pour vous, mais moi j'en ai un peu marre des allusions et des sous entendus. Il est, je pense, temps de dire les choses comme elles sont, et Taoufik Jebali et sa grossièreté (pas vulgarité, nuance) sont maitre de ce jeu la.
Jebali est arrivé à faire passer des mots bien plus grave sur la scène de son théâtre, sans pour autant être vulgaire: le sexe et les relations amoureuses en sont l'exemple phare, des termes et des images qu'on entendait et voyait tous les jours dans la société étaient banni de la scène théâtrale tunisienne, parce que jugés "vulgaires", il fallait que Jebali nous montre qu'on pouvait être direct, franc honnête... grossier même à la limite, sans être vulgaire... et là est son art. sans les premiers pas de Jebali, des pièces excellentes comme Hobb Story, Valises ou The End, La Dernière Heure n'auraient jamais vu le jour.

Ce que je demande donc, c'est de continuer, bien sur, sur la même lancée, et aborder de nouveaux sujets, dont le traitement en Tunisie reste substantiel et limité... et pour "Le Dernier Soupir", pièce de femme par excellence comme dit Soumaya Bouallagui, il ne faut pas oublier que c'est une pièce de guerre par excellence aussi, faut peut être développer ce volet...

en gros, la pièce est très très intéressante, à voir et à revoir, à en rire et à y réfléchir... Bonne continuation.







PS: * : attention! quand je dis que Hobb Story est entrain d'être mâchée et remâchée, ca ne diminue en rien sa qualité, c'est une pièce très aboutie, et je reviendrais la voir une 3ème fois, et autant de fois qu'il me sera possible! cela dit, il est un peu frustrant de ne pas voir de nouveauté théâtrale en Tunisie.... Allah ghaleb...

mardi 1 juin 2010

......كلامي

يا ناس، يا كِياس،
إسمعوا كلامي وإفهموا الكمباص،
بدا يطلعلي الدّم للرّاس،
و باش نقول كلام عفّاس،
هرّاس،
يهدّ الجّبال و يشيّب الاعراس،
كلام خارج مالقلب مع الأنفاس،
لاهب كالشّمعه ليوم النّاس،
يضوي عالمغبون في ظلمة الأحباس،
و يدفي الزّوالي الرّاقد في الكيّاس،

يا ناس,
كلامي ياقوت، و جوهر و ألماس،
يبرق كالذّهب و يرنّ كالنّحاس،
كلامي لا قالو عنتر لا بو نوّاس،
لا تقرى في كتاب، لا تكتب في كرّاس،

يا ناس,
كلامي زمني، شبع خبّيزه و ترفاس،
كلامي مواكب عصر الواب و الآس آم آس،
كلامي فاس،
كلامي أُمّاس،
تضرب الوتر الحسّاس،
تحيّر عليك الهلواس،
ياكلك الوِسواس،
تدور للدبّوزه و الكاس،
تسخايل ترجع لاباس؟
تهبل، تولي تدور كالرّقّاص،
لا تفهم روحك فايق لا في نعاس،
اسس! اسس و اقطع الانفاس،
و إسمع كلام، بالكنوز يتقاس...

lundi 3 mai 2010

La censure nuit à l'image de notre pays Lettre ouverte au Président de la République

La censure nuit à l'image de notre pays
Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,


Par la présente, nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur un sujet qui préoccupe un grand nombre de tunisiens.

Depuis son indépendance l'État tunisien a toujours été porteur de progrès par ses politiques en faveur de l'éducation et la formation, par l'incitation ou encore par l'exemplarité. Le domaine de l'Internet n'a pas dérogé à la règle et depuis 1996, l'État tunisien, sous votre Présidence, a développé une politique volontariste de diffusion de l'outil Internet. La création d'une administration de d'Internet et la mise en place de mesures nécessaires ont porté leurs fruits.

En effet, les internautes tunisiens ont été des pionniers dans l'utilisation de cet outil dans différents domaines. Aujourd'hui, ils sont des centaines de milliers à en faire un usage quotidien. Or, les tunisiens sont confrontés de plus en plus à des mesures restrictives, manifestement illégales, de la part des administrations responsables du réseau national. Ces mesures privent les tunisiens d'un espace indispensable à leur épanouissement social, culturel, professionnel, paralysant ainsi l'évolution de notre pays.

Alors que l'année 2010 a été, à votre initiative, déclarée année internationale de la jeunesse, par l'Assemblée Générale des Nations Unies, une partie de la jeunesse tunisienne est aujourd'hui frustrée de ne pas pouvoir accéder à leurs sites Internet favoris. Certains internautes tunisiens qui ont fait le choix de participer au débat public, ont vu leurs espaces personnels d'expression censurés en Tunisie.

Après la multiplication inquiétante de ces décisions arbitraires, et au-delà du tort considérable qu'elle inflige à l'image de notre pays et à sa marche vers le progrès, nous souhaiterions que vous réagissiez face à cette situation; de sorte à ce qu'il n'y ait plus de sites bloqués d'une manière illégale ne reposant sur aucune décision de justice et en totale contradiction avec l'article 8 de la Constitution de notre pays et l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Monsieur le Président de la République, vous avez déjà par le passé décidé la réouverture du site communautaire Facebook après son blocage. Nous vous appelons aujourd'hui à intervenir pour rendre accessible à nouveau les sites illégalement censurés.

Nous vous appelons également à exiger des responsables de l'administration d'Internet de cesser ces pratiques illégales qui paraissent aux yeux des tunisiens, aussi aléatoires qu'incompréhensibles.


Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de notre parfaite considération.